Articles

Gestion d'une entreprise

Imprimez
Transmettez par courriel

Un lieu de travail sain égale un meilleur total des dépenses.

par Charles Davies, Aout 2005

En assurant la sécurité et l'assainissement de vos bureaux et usines, l'effet sur la productivité et le total des dépenses de votre entreprise pourrait être tangible.

C'est vraiment une équation toute simple. Le fait d'investir dans la santé et la sécurité peut vous faire réaliser des économies; vous abstenir de le faire peut provoquer une baisse de rendement et une forte augmentation des coûts.

Une analyse de petites entreprises ontariennes (de moins de 50 employés) par la Industrial Accident Prevention Association (IAPA) a montré qu'en 2004, 6 678 réclamations d'assurance découlaient de blessures ou d'un état de santé nuisant au travail. Le résultat net de l'ensemble de ces luxations, ecchymoses, contusions, fractures et autres douleurs variées a consisté en une perte de 159 797 jours de travail. Le prix de ces souffrances : plus de 15 millions de dollars. Le coût moyen des réclamations : 2 255 $.

L'autre côté de ce sombre scénario révèle une profusion d'anecdotes à l'effet que les entreprises qui prennent la peine d'investir sérieusement dans la sécurité et la santé (dans le sens le plus large, ce qui comprend les programmes axés sur le bien-être et de bonnes pratiques de travail ainsi que la conformité avec la législation provinciale en matière de sécurité au travail) peuvent réaliser d'excellentes économies.

Dans l'étude de novembre 2004 intitulée « Creating Healthy Workplaces » (Des milieux de travail assainis), la directrice des stratégies en matière de santé de l'IAPA, Joan Burton, cite l'exemple de BC Hydro, où un programme de bien-être en entreprise, étalé sur dix ans, a permis d'économiser trois dollars par tranche d'un dollar de dépense. Aux États-Unis, a-t-elle ajouté, Citibank rapportait qu'aussi loin qu'en 1999, chaque tranche d'un dollar de dépense pour son programme de santé intégral lui a fait économisé 4,56 $. Et les exemples s'accumulent. En fait, les économies au titre de la santé et de la sécurité sont synonymes de profits accrus. Bien qu'il n'existe aucune preuve irréfutable que des employés en santé et en sécurité soient plus productifs, cela semble aller de soi.

Comme tout autre projet qui en vaut la peine, l'aménagement d'un milieu de travail sécuritaire, hygiénique et rentable exige de l'argent, du temps et des efforts. En fonction de la nature de l'entreprise, il faut tenir compte de différents aspects. Par exemple, les entreprises en construction et les sociétés s'occupant de matières dangereuses ne répondent pas aux mêmes critères que les sociétés de service installées dans des bureaux. En matière de santé et de sécurité, le modèle unique pour tous n'existe pas. Au départ, il importe que toute entreprise comprenne la définition variable du principe de santé et sécurité au travail. À ce chapitre, chaque province et territoire impose ses propres critères au moyen de sa législation, le plus souvent assortie de lignes directrices. Sur le plan fédéral, le code criminel stipule le devoir des entreprises d'assurer un milieu de travail protégeant l'intégrité physique.

Ainsi, en remplissant vos obligations légales en vertu de ces dispositions, vous vous conformez aux exigences minimales en matière d'environnement de travail sain. Au fil du temps, le principe de santé et sécurité a cependant intégré les facteurs psychologiques et sociaux en milieu de travail - certains facteurs relevant de la législation en matière de droits de l'homme - ainsi que le concept de promotion active de saines pratiques chez les travailleurs - le facteur de bien-être. En conséquence, et strictement parlant, vous n'êtes pas tenu de mettre des programmes sur pied, mais ceux-ci pourraient apporter une amélioration matérielle à la fois de la santé et de la sécurité de vos employés ainsi que du rendement de votre entreprise.

Il existe également un élément de surprise et de changement dans le domaine de la santé et de la sécurité au travail. Il est impossible de prévoir les problèmes qui pourraient survenir le mois prochain ou l'année suivante. Il y a dix ans, par exemple, nous n'avions ni le virus du Nil, ni les troubles en apparence éphémères comme le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS). En affaires, comme dans la vie en général, il est déjà assez difficile de pouvoir composer avec la dernière souche de la grippe.

Avant de jeter un coup d'oeil aux facteurs imprévisibles, étudions plutôt les fondements législatifs.

Bien qu'il n'existe pas de véritable point commun entre, par exemple, la Loi en matière d'indemnisation des travailleurs de la Colombie-Britannique et la Loi en matière de santé et de sécurité au travail de la Nouvelle-Écosse, votre entreprise doit assumer certaines responsabilités fondamentales, quelle que soit la juridiction.

De toute évidence, votre premier devoir consiste à assurer, dans la mesure du possible, la sécurité du lieu de travail. À bien des égards, il peut s'agir simplement de quelques règles de maintien des lieux relevant du sens commun, notamment l'application de bonnes normes de propreté, l'élimination des encombrements, l'entreposage adéquat du stock et de l'équipement et le respect de normes d'entretien appropriées. Si votre entreprise utilise des matières dangereuses, leur manipulation, entreposage et élimination doivent se faire adéquatement. De même, vos employés doivent recevoir la formation appropriée et être munis de l'équipement et des vêtements de protection nécessaires pour manipuler ces substances en toute sécurité. En cas de blessure, on doit prévenir les autorités provinciales.

À titre d'employeur, vous êtes responsable de nommer un superviseur qui assurera le respect des bonnes pratiques et les conditions de travail sécuritaires. De plus, vous avez l'obligation de former un comité conjoint en santé et sécurité réunissant des travailleurs et des gestionnaires. Ce comité doit se réunir régulièrement puisqu'il surveille les conditions de travail et conseille la direction quant aux améliorations à apporter. De plus, il participe aux enquêtes en cas d'accident et aide l'entreprise à résoudre des situations où les employés refusent de travailler.

Ce dernier point renvoie à l'un des trois droits fondamentaux des travailleurs existant dans toutes les juridictions canadiennes. Ceux-ci ont le droit de refuser d'accomplir un travail dangereux, de participer au comité conjoint en santé et sécurité et d'être bien informé des dangers actuels et possibles sur leur lieu de travail.

Votre entreprise doit respecter ces normes minimales. Cependant, comme nous l'avons déjà mentionné, la notion de santé et sécurité en milieu de travail dépasse aujourd'hui l'environnement physique pour englober la nécessité de tenir compte des facteurs psychologiques et sociaux ainsi que les efforts proactifs de la direction pour favoriser un mode de vie sain parmi son personnel.

Les facteurs psychologiques et sociaux affectant le milieu de travail découlent de la simple pression liée à l'accomplissement des tâches ainsi que des pratiques de gestion inappropriées ou indélicates. Ces facteurs sont de tous les ordres, depuis les pressions évidentes - échéances trop serrées, surcharge de travail, manque de contrôle de l'employé sur ses tâches - à d'autres moins visibles mais dommageables, telles que l'intimidation, la discrimination et les responsabilités mal définies. Tous les gestionnaires sont familiers avec les absences croissantes pour cause de stress en raison de la prévalence de ses aspects négatifs au travail.

Pourquoi faut-il s'efforcer de les éliminer ? D'une part, outre une simple question de décence, les législations et l'éthique en matière de droits humains peuvent vous enjoindre d'agir. D'autre part, vous n'avez pas les moyens de ne rien faire. Votre entreprise fait sans doute face à une concurrence féroce sur un marché effréné qui, dans le meilleur des cas, exige souvent d'énormes efforts de vos employés. Nous subissons tous la pression à l'occasion, mais il n'y a pas d'excuse pour les tensions inutiles qui nuisent au rendement de l'individu ou du groupe.

Bien entendu, il y a des coûts. Une étude récente publiée dans le Academy of Management Journal, aux États-Unis, a porté sur des cas de harcèlement sexuel dans une grande société de services alimentaires. On y a révélé que les groupes de travail où le harcèlement existait obtenaient de moins bons résultats financiers.

La promotion d'un mode de vie sain chez les employés est un aspect un peu plus délicat. On peut facilement trouver des statistiques montrant que les employés en mauvaise santé sont moins productifs. La question demeure : dans la mesure du possible, que peut faire un employeur pour améliorer la santé de son personnel ?

Pour une petite entreprise, les coûts sont un facteur très important. Alors, il faut s'assurer que la mise sur pied d'un programme axé sur le bien-être répond aux besoins dans les limites de ses moyens.

Pour plus d'information sur la santé et la sécurité au travail, rendez-vous d'abord à la page Web des petites entreprises sur le site (en anglais) de la Industrial Accident Prevention Association (http://www.iapa.ca/business/sb_legal.asp). On y trouve une foule de renseignements relatifs à la sécurité pour les entreprises ainsi que des liens vers les sites de diverses commissions d'indemnisation des travailleurs partout au Canada. Le site de l'agence fédérale pour la santé et la sécurité au travail, le Centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail (www.cchst.ca) vaut également le détour.

Imprimez
Transmettez par courriel
Sécurité avec Visa
e-Newsletter
Obtenez des mises à jour sur les plus récents articles, les concours, les économies et les offres Visa.
Abonnez-vous dès maintenant
Visionnez le dernier numéro