Partenaires en Matière de Santeé
par Dianne Rinehart, Septembre 2004
De nombreuses raisons justifient de vouloir assurer vos employés. Vous êtes soucieux d'avoir des employés en santé et productifs. En cas de blessure ou de maladie, vous n'êtes pas en mesure de les indemniser vous-même pendant une période prolongée. Et pour l'embauche d'employés qualifiés qui pourraient faire la différence entre la réussite ou l'échec de votre entreprise, vous êtes sans doute en concurrence avec des entreprises de plus grande taille qui peuvent offrir un régime attrayant de soins de santé. Pourtant, si vous avez une petite entreprise, peut-être aurez-vous de la difficulté à trouver non seulement un régime d'avantages sociaux, mais surtout d'en dénicher un qui soit abordable. Des spécialistes discutent ici de l'importance d'offrir à vos employés une assurance médicale, tout en vous indiquant ce que vous devez rechercher dans un régime d'avantages sociaux. Il s'agit de Maria Rotundo, professeure adjointe à la Rotman School of Management de la University of Toronto, Catherine Swift, présidente de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante et Irene Klatt, vice-présidente adjointe, Division assurance santé de l'Association canadienne des compagnies d'assurances de personnes. « C'est important, point final », s'exclame Maria Rotundo, spécialiste des questions de gestion stratégique en ressources humaines et de maintien en fonction du personnel. « À tout le moins, vous devriez offrir un régime de soins de santé et de soins dentaires », poursuit Mme Rotundo, tout en relatant comment deux entrepreneurs de PME qu'elle connaît ont procédé pour offrir des régimes de soins de santé à leurs employés. Le premier, un spécialiste en informatique, employait près de vingt personnes lorsqu'il a commencé à s'enquérir de leurs souhaits à ce sujet et à prendre les mesures nécessaires pour leur offrir un régime. L'autre, une entreprise de gestion d'édifices, a décidé d'offrir un régime d'avantages sociaux à ses employés pour qu'ils demeurent satisfaits de leur emploi. Les régimes de soins de santé représentent un atout important d'un régime à l'embauche, soutient Irene Klatt, sinon les entreprises n'y consacreraient pas autant d'argent. « Tout bien considéré entre différents emplois, les possibilités de retenir les services d'employés talentueux sont légèrement meilleures pour l'entreprise offrant un régime d'avantages sociaux. » Cependant, offrir des avantages sociaux est coûteux et difficile. Selon Catherine Swift, présidente de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, la plupart des grandes compagnies d'assurance se concentrent sur les régimes d'avantages sociaux pour la grande entreprise. Depuis des années, son organisme exerce des pressions sur le secteur de l'assurance afin de créer des régimes d'avantages sociaux pour les employés des petites entreprises. Toutefois, sur le marché actuel de l'assurance qui, à son avis, coûte vraiment très cher à ces derniers, « c'est un obstacle difficile à surmonter pour les petites entreprises. » « Le coût [des assurances] de soins de santé et de soins dentaires ne cesse de grimper [pour les petites entreprises] », enchaîne-t-elle. Cette situation se reflète dans les montants que doivent débourser les entreprises - même les plus grandes - pour se doter de régimes d'assurance. Toujours d'après Mme Swift, la situation est encore plus difficile depuis qu'un certain nombre d'assureurs ont quitté le marché canadien. Auparavant, les petites entreprises pouvaient concurrencer les grandes entreprises puisqu'elles offrent un milieu de travail flexible et que leurs employés ont le sentiment d'apporter une contribution et de faire une différence. Pourtant, cela ne semble plus suffire maintenant, d'autant plus que les gouvernements réduisent le nombre de services des régimes d'assurance maladie dont ils défraient les coûts. Un régime d'assurance peut coûter très cher. De grandes entreprises déboursent jusqu'à 13 pour cent de leur masse salariale pour des régimes intégrant, entre autres services, des régimes de soins de santé, d'invalidité et de soins dentaires. Catherine Swift estime que les coûts sont encore plus élevés pour les petites entreprises. « Quinze pour cent de la masse salariale, c'est énorme ! » « Toute la gamme des coûts de production, notamment le gaz, l'électricité et l'assurance responsabilité constitue l'une des principales difficultés pour nos membres, affirme Mme Swift. Si vous tenez compte de tous ces éléments, il devient très, très ardu d'envisager d'y consacrer une bonne partie de votre masse salariale [en assurance de soins de santé] », conclut-elle. Pourtant, ce n'est pas impossible. Irene Klatt mentionne que plusieurs compagnies d'assurance offrent des régimes pour des petites entreprises de cinq, six employés ou plus. S'il s'agit d'une entreprise encore plus petite, l'employeur pourrait devoir envisager l'achat d'une assurance « individuelle » pour chaque employé. Ces régimes tendent à offrir des produits plus standards que ceux que peut négocier une grande entreprise. L'Association canadienne des compagnies d'assurances de personnes ne peut pas recommander d'assureurs membres au public. Aussi, Mme Klatt conseille aux entrepreneurs de communiquer avec les principaux fournisseurs de produits d'assurance pour en comparer les régimes et les coûts. « Magasinez de façon concurrentielle, préconise-t-elle. Évaluez les prix et les caractéristiques. » Il faut demander s'il est possible d'assumer conjointement des risques avec d'autres petites entreprises pour rendre le régime plus abordable. Bien que certaines compagnies d'assurance le fassent déjà, Catherine Swift se demande tout de même pourquoi les risques encourus par les petites entreprises ne sont pas assumés par l'ensemble des entrepreneurs afin de réduire ceux-ci, comme c'est le cas pour les grandes entreprises. Entre temps, Irene Klatt invite les propriétaires d'entreprise à envisager d'offrir à leurs employés certains des éléments suivants d'un régime d'assurance médicale : - Assurance-vie. Une des principales questions est de savoir si vous devez acheter une couverture d'assurance en fonction d'un montant - peut-être celui des frais des obsèques - ou d'un pourcentage du salaire, disons l'équivalent d'un an et demi. Il faut également savoir si vous achetez une protection pour la durée de l'emploi du membre de votre personnel ou une assurance qui se prolongera après que vous aurez cessé d'en payer les primes. Enfin, un point essentiel est de s'informer du moment où l'employé devra soumettre à la compagnie d'assurance la preuve médicale de son bon état de santé. Par exemple, si vous l'assurez pour l'équivalent du salaire d'une année, l'employé n'est peut-être pas tenu de subir un examen médical. Si votre employé veut accroître le montant de l'assurance à ses propres frais, à quel moment l'assureur exigera-t-il une preuve de bonne santé ?
- Assurance-invalidité. Irene Klatt explique que les prestations pour invalidité à court terme protègent un employé jusqu'à concurrence d'une année d'absence. Une période plus longue est considérée comme une invalidité à long terme. Si les primes sont payées entièrement par les employés, l'avantage est non imposable et des prestations représentant un pourcentage moins élevé du salaire brut peuvent être négociés. Par exemple, une prestation pour invalidité correspondant à 60 pour cent du salaire de l'employé peut être appropriée si elle est non imposable. Si l'employeur verse la prime, alors l'avantage est imposable et un pourcentage plus élevé - peut-être 70 pour cent du salaire - devra être envisagé. Pendant deux ans environ, les prestations pour invalidité protègent toute personne qui est « invalide » et dans l'impossibilité d'occuper son emploi. Par la suite, les prestations continuent d'être versées si la personne ne peut occuper aucun autre emploi.
- Assurance de soins de santé complémentaire. L'assurance médicaments est la composante la plus coûteuse de cette couverture. Il peut également exister des dispositions assurant les frais différentiels pour une chambre d'hôpital semi privée, les services paramédicaux tels que la chiropratie, la podiatrie et la physiothérapie ainsi que les aides techniques, notamment les prothèses auditives, les fauteuils roulants et les appareils adaptés. Certains régimes comportent également des allocations pour les soins oculaires. Il faut s'informer à savoir si l'assurance de soins de santé complémentaire doit englober les membres de la famille. Dans ce cas, si vous avez dix employés, vous assurez peut-être 25 personnes.
- Assurance de soins dentaires. Cette couverture peut assurer les soins dentaires de base, la chirurgie reconstructive et même les soins orthodontiques pour les enfants. Le coût du programme peut être réduit en prévoyant une période d'emploi obligatoire avant que l'employé puisse se prévaloir de l'assurance de soins dentaires, ou encore ses enfants, pour des soins orthodontiques, par exemple.
- Assurance de soins de santé hors du pays ou de la province. Cette protection couvre les frais de soins médicaux d'urgence de vos employés au cours de leurs déplacements d'affaires dans le cadre de leur emploi. Autrement, comme l'indique Irene Klatt, ces frais peuvent être vertigineux.
- Enfin, il y a une demande croissante pour une nouvelle forme de protection appelée assurance en cas de maladie grave, conclut Irene Klatt. Cette couverture indemnise la personne qui souffre d'un problème de santé, que ce soit le cancer ou une crise cardiaque. La personne atteinte reçoit un montant forfaitaire. Les employés sont protégés contre des problèmes de santé d'une extrême gravité et la police stipulera des critères d'indemnisation dans les cas de maladies graves, telles que la cécité, certaines formes de cancer et les crises cardiaques. Les employeurs pourraient décider de payer une
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