Quel salaire devriez-vous vous verser?
par Dianne Rinehart, Decembre 2006
Quelques années après avoir démarré votre entreprise, la question de votre rémunération n'est probablement pas soulevée. Après tout, les profits qui figurent au registre de l'entreprise, si vous êtes propriétaire unique, sont les vôtres. Il s'agit de votre revenu, en entier, et il est imposé comme tel.
Très tôt, vous considérez toutefois ce que vous devrez économiser pour financer l'expansion de votre entreprise, quel montant de subsistance vous avez habituellement besoin, et quel montant vous permettrait de vivre lors de périodes plus difficiles. Vous vous poserez ces mêmes questions si vous passez à l'étape suivante et que vous décidez de créer une société.
Voici donc, de la part des experts de la petite entreprise - Becky Reuber, professeure adjointe de l'University of Toronto's Rotman School of Management, et Marvin Ryder, chargé de cours de McMaster University's DeGroote School of Business - des indications et des considérations en matière d'autorémunération pour vous aider, comme Boucles d'or, à éviter les pièges du trop et du pas assez, et à atteindre le juste équilibre.
Considérez les huit points essentiels suivants qu'ils indiquent à propos de l'art de la rémunération :
1. Ce que vous dépensez pour vous-même « est un signal pour les investisseurs ultérieurs possibles et la banque, » indique madame Reuber. « Vous ne voulez sans doute pas être perçu comme une personne au style de vie trop extravagant pour les revenus de l'entreprise. » Certaines situations imprévisibles peuvent se produire et signifier des problèmes sérieux pour la petite entreprise, si cette dernière n'a pas une encaisse suffisante pour vous dépanner en situation difficile, comme les fluctuations monétaires qui peuvent avoir des répercussions négatives sur vos ventes ou vos achats. « Vous voulez que les banquiers soient à vos côtés » pendant ces situations, mentionne madame Reuber. « Vous voulez montrer que vous avez été prudent sur le plan financier. Cela s'applique également aux investisseurs, » convient monsieur Ryder. Appelez votre fonds monétaire réservé un « fonds de guerre », un « fonds d'amortissement », un « coussin de sécurité » ou une « réserve pour les temps difficiles », peu importe, vous en avez besoin pour passer à travers les mauvais jours. « Toutes les entreprises font face à une année ou à six mois où les choses ne vont pas très bien, » indique monsieur Ryder. « Vous devez laisser un peu d'argent » dans l'entreprise pour vous aider à passer à travers des événements comme le 11 septembre ou Katrina.
2. D'autre part, mentionne madame Reuber, « nous entretenons un mythe à savoir que tout votre argent doit être dans l'entreprise. » C'est faux, dit-elle. « Personne n'investira si vous êtes endetté jusqu'au cou » indique madame Reuber. « La plupart des investisseurs ne veulent pas que le PDG qui gère leur investissement se préoccupe du fait qu'il perdra peut-être sa maison ou qu'il est dans l'impossibilité d'envoyer ses enfants à la garderie. Ils s'attendent à ce que vous receviez une rémunération équitable afin de vivre et de gérer l'entreprise. »
3. Vous devriez également considérer vos besoins. Si votre conjoint(e) travaille et qu'il(elle) reçoit un salaire et des avantages, vous n'avez probablement pas besoin de toucher un salaire au cours des premières années, remarque monsieur Ryder. Mais, si vous êtes célibataire et que vous vivez dans une ville coûteuse comme Toronto, une rémunération minimale s'impose.
4. Une autre indication concerne vos aspirations de croissance et la façon dont vous prévoyez les financer. « Vous devez financer l'embauche d'un nouveau représentant, le développement d'un nouveau produit ou le fait d'étendre vos activités à un nouveau territoire, » indique madame Reuber. Il est préférable « de pécher par excès de prudence et de vous verser un salaire moindre. »
5. Considérez également l'étape à laquelle se trouve votre entreprise, indiquent madame Reuber et monsieur Ryder. « Si vous avez prouvé quelque chose et que cela fonctionne, il est possible de trouver des investisseurs qui vous aideront à gérer le flux de trésorerie, ce qui libérera des fonds pour vous verser un salaire, » mentionne madame Reuber. « Si la situation de l'entreprise vous plaît et que cette dernière est stable, vous n'avez probablement pas besoin d'un montant élevé dans l'entreprise, » explique-t-elle. Monsieur Ryder suggère de considérer le cycle de vie dans lequel se trouve votre entreprise. « Si vous vous trouvez au début du cycle de vie et que vous connaissez un essor rapide, il est préférable de vous verser un salaire minimum et de laisser autant d'argent que possible dans l'entreprise afin d'alimenter la croissance. » Inversement, si votre entreprise est plus ancienne et que la croissance ralentie, mais que l'entreprise génère beaucoup d'argent, vous voudrez sans doute vous verser une rémunération beaucoup plus élevée. L'entreprise qui dispose d'un montant élevé dans l'entreprise « devient la cible d'une acquisition possible, » prévient-il.
6. L'objectif est de recevoir la même rémunération que vous recevriez en entreprise, indique madame Reuber. Au début, il est possible que vous gagniez beaucoup moins, et que par la suite vous receviez beaucoup plus, ajoute-t-elle. Quelle que soit votre rémunération, n'oubliez pas de tenir compte des avantages médicaux et dentaires ainsi que du régime de retraite. Vous auriez eu droit à ces avantages si vous étiez un employé. Ils représentent, dans certains cas, jusqu'à trente pour cent de votre salaire.
7. De même : n'oubliez pas de tenir compte des coûts associés aux avantages médicaux et dentaires pour votre entreprise et de considérer verser un montant dans un régime de retraite, mentionne madame Reuber. À la fin, vous constaterez peut-être que votre entreprise n'est pas le petit coussin confortable auquel vous songiez.
8. Enfin, votre planificateur financier ou votre banquier (après tout, il a intérêt à ce que vous atteigniez le juste équilibre) est une ressource sensationnelle pour vous aider à choisir votre niveau de rémunération, mentionnent monsieur Ryder et madame Reuber. « Vous pouvez également essayer un logiciel de comptabilité, comme DacEasy ou ACCPAC, » suggère monsieur Ryder, « il peut s'occuper de vos besoins en matière de mouvements de trésorerie. »
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